Souscrivez à la newletter

© 2023 by TheHours. Proudly created with Wix.com and Adapte ta com

  • Hugues Dorgueil

Quand saint Martin apportait des cadeaux

Mis à jour : 25 janv 2019

L'évêque Martin a toujours occupé une place de choix en Flandre. Si aujourd'hui, les bambins croient au Père Noël, il y a quelques décennies, dans les familles, les jeunes enfants attendaient avec impatience, la venue de saint Martin. Les parents s'appuyaient sur la légende pour menacer leur progéniture. Si tu n'es pas sage, saint Martin ne viendra pas !


Le brave homme faisait, en effet, la tournée des maisons dans la nuit du 10 au 11 novembre pour distribuer des jouets et des chocolats.Les semaines précédant son passage, se confectionnaient des lanternes et des betteraves sculptées. Le soir du 10, les petits étaient fébriles, n'ayant pas envie de se coucher. Mais le sommeil les gagnait bien vite, les forçant à rejoindre leur lit, sans plus attendre. Au matin, ils quittaient à la hâte, le nid douillet, pour découvrir ce que le saint homme avait déposé. Avaient-ils été assez sages ? Ce qu'ils allaient découvrir allait-il correspondre à leurs souhaits ?

“Le soir du 10, les petits étaient fébriles, n'ayant pas envie de se coucher. Mais le sommeil les gagnait bien vite, les forçant à rejoindre leur lit, sans plus attendre.”

Adeline n'a jamais oublié sa première Saint Martin: le 11 au matin, n'y tenant plus, c'est en pyjama, qu'elle avait descendu quatre à quatre l'escalier. Elle se souvient encore d'un faux pas qui lui valut de finir sur les fesses au pied des marches. A peine avait-elle franchi la porte de la cuisine que la douleur de sa chute fit place à l'extase. Ses yeux contemplaient l'objet de ses rêves trônant sur la table: un superbe landau en osier pour sa poupée Nina. Tout à côté, quelques Saint Martin en chocolat de différentes tailles ne la laissaient pas indifférente. Elle ne put résister longtemps à l'appel des friandises et fit sans doute ce matin-là, son premier péché de gourmandise. Son choix se porta sur le plus petit évêque, qu'elle croqua en trois coups de dents. Elle pensait que le brave saint Martin était décidément bien fort. Ce que disaient les parents était donc vrai: l'homme savait lire dans les pensées et ne décevait jamais. Cela rassura aussi la jeune enfant, sur sa capacité à être une petite fille gentille et sage.

La journée du 11 se passa à admirer le landau, à y coucher le bébé et à le promener autour de la table. Mais bientôt, le soleil déclinait. Alors elle abandonnait pour quelque temps son rôle de petite mère et avec sa maman,s'affairait aux derniers préparatifs, pour la retraite aux flambeaux. La lanterne était prête, la torche placée à l'intérieur fonctionnait. Après avoir revêtu manteau, bonnet, écharpe et gants, direction la mairie.

Nadia Mahieu (2013)

Fidèle complice de 365 Jours en Flandre nous a quittés en septembre 2017