• Hugues Dorgueil

Pierre Decroo, un pilote berguois de renommée

Les anciens s’en souviennent encore et la cité de Bergues en garde le nom gravé puisqu’elle a nommé une rue en son honneur. En effet, né le 31 décembre 1913 à Bergues, Pierre Decroo a marqué son époque et fut l’un de ces aventuriers passionnés de l’aviation pour lequel il a consacré dix-huit ans de sa vie.


Adolescent, il se lance dans l’aventure et à 17 ans il obtient son brevet de tourisme ; en 1933, il remporte le « Tour de France aérien » dans sa catégorie. L’année suivante, il sort premier de sa promotion d’élève pilote militaire à Istres et gagne le concours de voltige.

En 1980, au trentième anniversaire de sa disparition où furent lancés des souvenirs philatéliques, il fut rappelé les grandes étapes de sa carrière qui s’acheva tragiquement lors d’un vol d’essai le 25 mai 1950. Il avait à son actif 5300 heures de vols effectuées sur 103 types d’appareils et 307 heures de vol de guerre. Pierre Decroo fut capitaine de réserve dès 1945 et il totalisait dix-huit ans au service de l’aviation.


Démobilisé en 1935, il effectue avec Jacques Vandroy, un raid jusqu’au Soudan réalisant un parcours de 20 000 km aux commandes d’un biplan Morane Moth de 85 CV, avant de devenir moniteur et de faire du vol à voile.


Fin 1942, après une aventureuse et clandestine traversée en Espagne, il rejoint les FAFL en Angleterre où il multiplie les missions de chasse et d’attaque au sol ; il participera également aux missions de débarquement. Les Anglais lui ont confié aussi de hautes responsabilités. Ses actions lui ont valu plusieurs distinctions comme la Croix de guerre, la Distinguished Flying cross (Grande-Bretagne) et l’Air Medal (USA).


En juillet 1945, il est affecté au centre d’essais à Marignane près de Marseille, puis il reprend en 1946 sa place de pilote d’essais à l’Arsenal de l’aéronautique où il avait été pilote d’essais de 1939 à 1940.

En octobre 1947, Pierre Decroo assure les essais de l’avion expérimental Arsenal VB 10, son attitude est héroïque quand le 10 janvier 1948 son VB 10 prend feu ; il ne se décide à s’éjecter en parachute qu’une fois certain de ne pas laisser son appareil s’écraser sur une zone urbanisée. Gravement blessé, les jambes et la main droite affreusement brûlées, il luttera un an pour recouvrer la santé à l’hôpital militaire Val de Grâce avant de reprendre les commandes d’un avion. Sa conduite lors de l’accident du VB 10 lui a valu la Croix d’officier de la Légion d’honneur.


En mars 1950, il participe à la mise au point du VG 90-01 et c’est au moment où il venait de terminer un ultime essai à Brétigny qu’il s’écrase, c’était le 25 mai 1950.

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