• Hugues Dorgueil

INTERVIEW : des agrès aux notes, un programme sans faute pour Stéphanie Delbecq

Un regard toujours souriant, une démarche dynamique et assurée … Cette Wormhoutoise d’origine vit de sa passion pour la gymnastique depuis son jeune âge. Rigueur et sérieux caractérisent cette femme trentenaire et mère de famille. Nous la rencontrons pour évoquer son itinéraire de gymnaste … du tapis à juge.



Depuis quand êtes-vous dans la gymnastique ?

Déjà à 4 ans en regardant la télévision, j’étais attirée par les émissions et reportages sur la gymnastique. Je pouvais rester des heures devant l’écran puis dans le jardin, je m’essayais à refaire ce que j’avais vu. A l’âge de 5 ans, mon père m’a inscrite au club de Wormhout, affiliée à l’époque à la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT). J’ai commencé avec Colette Dollet l’actuelle animatrice du club.


Comment se sont passées ces années gymniques ?

Bien. J’ai participé à toutes les activités du club et aux compétitions de 5 à 16 ans. Des années inoubliables. J’ai eu beaucoup de plaisir à pratiquer cette discipline. Mais en raison des études, j’ai dû faire un choix. Je ne pouvais pas continuer comme je souhaitais, mais je ne voulais pas arrêter. C’est alors que je me suis tournée vers le jugement. Une opportunité pour moi de rester dans la gym.

Vers le jugement ? C’est-à-dire ?

Le jugement consiste à évaluer les gymnastes selon leur catégorie, dans les différentes compétitions et les championnats. (Ndlr : les juges établissent les notations des mouvements effectués par les gymnastes pour déterminer les notes de départ-somme des éléments présentés - et les notes d'exécution - somme des fautes observées. Il existe plusieurs niveaux de juges au sein de la Fédération Française de Gymnastique, du niveau départemental au niveau international).

A 16 ans, j’arrête de pratiquer les agrès (ensemble des appareils utilisés par les gymnastes) et je parviens à concilier mes études et les formations pour devenir juge pour les gymnastes filles. De 16 à 18 ans, pour la FSGT, je suis devenue successivement l’équivalent de juge départementale et régionale.

La pratique ne vous manque pas ?

Non. Je vis tout aussi intensément ma passion. Après onze ans de pratique, je souhaitais découvrir d’autres aspects de la gym. J’aime cette discipline pour la convivialité et le dépassement de soi. Rigueur et volonté m’animent aussi dans l’évolution de mon itinéraire de juge.


Continuez-vous les formations ?

A 18 ans, sur les conseils d’une responsable FSGT, je me tourne vers la Fédération Française de Gym (FFG) afin d’être reconnue dans les compétitions officielles, en départemental, en régional et même en national. Le club d’Hazebrouck m’accueille et accepte de me former. Avec la FFG, l’élite s’ouvre à moi. Je passe les différents niveaux dès 1998. A 18 ans, je suis juge niveau 1 et les deux années suivantes les niveaux 2 et 3. Juge niveau 3, à 20 ans, c’est l’accession aux demies-finales de championnats de France.

Pour juge niveau 4, je dois changer de club. Hazebrouck n’entraîne pas de filles de niveau national pour que je puisse continuer. En 2003, j’accède alors à un échelon supérieur en entrant au club de Dunkerque. Avant de passer cet examen qui a lieu tous les deux ans, je me suis perfectionnée. J’estimais que je devais encore apprendre des éléments et des techniques. Une fois au point, je passe avec succès le niveau 4. Cela me donne le droit de postuler pour être convoquée à des championnats de France, dans toute la France.


A travers ce long itinéraire, parvenez-vous à concilier votre passion avec votre vie familiale et professionnelle ?

Jusqu’à présent, je parviens à concilier entre ma famille et mon travail. Cela demande une organisation bien précise. Je travaille en tant que serveuse au restaurant La Kruys Straete à Wormhout et mes employeurs savent que les week-ends je suis sollicitée dans les différentes compétitions. Un autre mi-temps me permet d’être animatrice au club d’Hazebrouck. Mon conjoint est également juge et nous parvenons à trouver le bon équilibre. Même pour mes deux garçons.

Etre juge c’est ma passion et je m’y épanouie. Cela demande beaucoup de temps c’est vrai.

[Sourire] Je suis également depuis six ans, responsable régionale des juges (niveau 1 à 4) et responsable départementale. Je forme tous les niveaux à la Région, et pour la période de septembre à décembre. Les compétitions se déroulent tous les week-ends, de novembre à juin.


A 37 ans, êtes-vous arrivée au niveau le plus haut ?

Presque. Je vise maintenant le niveau international (Niveau 5). Toujours au sein de la FFG, j’ai intégré le collectif des juges niveau 5, en septembre 2016, afin de participer aux différents travaux de groupe, et de bénéficier d’une formation continue. Cela dans l’attente d’être appelée pour devenir juge internationale. Cela peut durer quelques années. L’examen a lieu tous les quatre ans.


En 32 ans à la gym, quels sont vos meilleurs souvenirs ?

Sans hésiter, ma première compétition départementale FFG, individuelle fille, à Hazebrouck. J’avais 18 ans et j’appréhendais beaucoup. Un autre bon souvenir me revient : c’est mon premier championnat de France individuel, à Oyonnax (Ain), comme juge convoquée par la FFG. J’ai aussi saisi l’opportunité de partir au Maroc pour les championnats arabes de gymnastique, à Casablanca en 2015. Comme j’étais responsable régionale et qu’il manquait un juge, on me l’a proposé. J’en garde un très beau souvenir !

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